Surexpositions. Images de la disparition

L'immortalite II 2013-214L'immortalite I 2013-2014

Au cœur de ma recherche intitulée « Surexpositions. Images de la disparition » se trouve l’idée de la « surexposition » en tant qu’aporie de la représentation. Définie comme « disparition par excès de lumière » la surexposition constitue une figure paradoxale de l’imaginaire photographique. La lumière, qui est ontologiquement liée à l’apparition de l’image, devient, le cas échéant, aussi et en même temps le catalyseur de sa destruction. Ainsi concevons-nous la surexposition comme une figure qui postule une image dont les conditions d’apparition sont les mêmes, et en même temps celles de sa disparition.
Cette « aporie de la représentation » pourra être formulée ainsi : comment peut-on (en tant qu’artiste, c’est-à-dire productrice d’images) concevoir une image (et quelle sorte d’image c’est) qui offre à la vue le spectacle de sa propre disparition, ou, autrement dit, comment donner à voir quelque chose qui en même temps se refuse à la vue ?
Par mon processus pictural je vise à explorer, de manière programmatique, les instants (ou les instances) de la disparition : disparition de l’image (sa destruction physique), disparition dans l’image (la représentation de la disparition), disparition en tant qu’image (l’image comme métaphore de la disparition). En prenant des photos de famille comme point de départ, mon travail ne consiste pas à les re-présenter, mais plutôt les dé-faire, physiquement et métaphoriquement en faisant image avec leur/la disparition même.

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